Une médiation culturelle et artistique participative

Article 27 de la déclaration universelle des droits de l’homme

« Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent. »

Article 3d de la loi sur l’encouragement à la culture (LEC)

« L’encouragement à la culture par la Confédération a pour but de faciliter l’accès de la population à la culture ».

Une médiation artistique participative :
La compagnie Tohu Wa Bohu s’est lancée depuis quelques années déjà dans l’élaboration de parcours mêlant étroitement médiation et création. Non pas pour aboutir nécessairement à un objet d’art, mais pour traverser le processus créatif, l’éprouver, le toucher du doigt. Ainsi l’art n’est pas amené à ces personnes peu familières de cet univers, comme une pratique transcendante et inaccessible mais comme une part d’humanité que chacun peut explorer en soi, quoiqu’il décide d’en faire par la suite.
Il ne s’agit pas d’accompagner toutes ces personnes sur les planches pour qu’elles s’y installent, peut-être même le processus n’aboutira-t-il pas à une représentation car le but n’est pas là. La focale est le chemin parcouru. La traversée qui consiste à aller chercher au fond de soi ce qui se raconte, se montre, se déploie. De là nait, nous l’avons expérimenté à maintes reprises, cette sensation de l’autre et de soi comme possible partenaire d’une transformation de sa place sociale, familiale, intime, occupée ou fantasmée.

- Nos parcours de médiation invitent donc un groupe de personne à se lancer dans une traversée au long cours jalonnée d’ateliers corps, voix, espaces et jeu théâtraux hebdomadaires mais aussi de sorties dites culturelles au théâtre, dans des expositions, au cinéma, au concert, dans des ateliers de créations…

- Ces sorties ne sont pas choisies en amont par les médiatrices, elles sont proposées par chaque participant qui le souhaite et choisies par l’ensemble du groupe qui, au bout de quelques semaines, ose se dévoiler. Ce dispositif permet à chacun de refuser, de proposer, d’exprimer réserves et engouements. Nous apprenons ainsi à partager nos appétences et à échanger à ce sujet.

Nous avons appelé ces parcours Trott’ Art, car il y a une trotte de l’art à nous-même et de nous-même à l’art.

Lorsque le groupe est constitué de populations diverses (Des étudiants et des migrants, des personnes en situation d’exclusion et des élèves de cycle, ou encore de personnes porteuses de handicap et des personnes âgées valides, comme nous avons eu et avons encore le plaisir de l’expérimenter) nous appelons ces processus Trott’Metiss’Art.

Pour la saison 2018-2019 un Trott’Art et deux Trott’Metiss’Art sont programmés.

° Un Trott’Art à Camarada
http://www.camarada.ch/un-pas-vers-le-theatre/

° Un Trot’Metiss’Art en collaboration avec La Roseraie, Camarada et Les Activités Culturelles de l’Université de Genève.

https://www.unige.ch/dife/culture/cours/theatre/theatre-et-migration

 

° Un Trott’Metiss’Art avec Cap Loisir et le théâtre de la Comédie de Genève. https://www.comedie.ch/fr/la-comedie/nos-actions-culturelles

Un autre volet de nos actions de sensibilisation se développe dans les Musées et autres lieux d’exposition. En élaborant des visites en son et mouvement adressées à tous les publics dès l’âge de trois ans, notre compagnie contribue à rendre ces lieux intimidants plus familiers.

° Nos visites sonores se poursuivent la saison prochaine au MEG de Genève :
http://www.ville-ge.ch/meg/accueil_enfant.php
 

Origine :

Une partie non négligeable de la population romande reste éloignée par des freins économiques, psychologiques, sociologiques de l’espace culturel.
C’est d’une rencontre avec l’association Bruxelloise article 27 qu’est né notre projet et l’envie de lutter, comme ils le font avec succès à Bruxelles depuis 15 ans, contre cet état de fait.

Le projet-pilote Article 27 est né en février 1999 à Bruxelles, avec comme référence ambitieuse, l’article 27 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme : « Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent. »

Le but initial d’Article 27 est de contribuer à la démocratisation culturelle. C’est également le but de Sensibil’Art3d, dont le nom fait référence à l’article 3d de notre toute nouvelle Loi d’Encouragement à la Culture : « L’encouragement à la culture par la Confédération a pour but de faciliter l’accès de la population à la culture ».

Choisir un intitulé dans la même veine que nos amis et inspirateurs belges est à la fois destiné à afficher et honorer notre source d’inspiration, cela permet également de mettre en parallèle ces deux articles de lois en espérant tendre, dans les faits, vers la déclaration universelle des droits de l’homme dont la Suisse est signataire.
Lui associer le terme Sensibil’ fait bien-sûr référence à l’action de sensibilisation, car même si le terme médiation a le vent en poupe, il nous importe de rappeler qu’il s’agit bien ici de se rendre sensible à l’art, à soi, au reste du monde et que se rendre à nouveau sensible c’est avant tout se remettre en lien.

Mission :

Sensibil’Art3d se donne pour mission de rendre l’art et la culture accessibles à tous.
En s’adressant à la frange de la population qui en reste éloignée pour des raisons économiques, sociales ou psychologiques, Sensibil’Art3d souhaite amener ces exclus de la culture, et ce grâce à une démarche participative, à envisager l’art et les événements artistiques comme une ressource, un moyen de se réconcilier avec soi-même et le reste du monde.

Objectifs :

Remettre l’humain au cœur de nos actions culturelles et citoyennes : soutenir le lien social, les solidarités, encourager la connaissance de soi et de l’autre, prendre pour parti-pris l’équivalence des participants, aller à contre-courant des préjugés, favoriser la collaboration et non le repli sur soi, bâtir des projets communs à partir des singularités individuelles… en nous appuyant sur des principes et méthodes d’éducation permanente, de dynamique participative, … en co-créant des espaces de liberté, de rencontre, de créativité, d’expression et de réflexion, en proposant des caisses de résonance aux contenus émergeants.

 

Dès sa première création, la compagnie Tohu Wa Bohu s’est attachée à sensibiliser à sa démarche un public non averti. En proposant des ateliers de découverte du son, du geste et du mot, elle est allée à la rencontre d’une population peu familière du spectacle vivant.
Comme dans ce projet intitulé : « Dis mémé, ta vie comment c’était ? » mené auprès d’élève de primaires et de leurs ainés, ou encore « Eh mamie, tu m’dis ta vie ?   Fomenté avec des élèves du cycle et des personnes résidant en maisons de retraite.